Conclusions
Imprimé
Suivant l'analyse de l'information contenue dans
ce rapport et notre travail avec le Comité d’étude,
nous avons identifié six problèmes majeurs concernant
le métier de calorifugeur.
Ces problèmes sont :
1. Pénuries de main-d'oeuvre à venir
Le calorifugeur est en moyenne âgé de
42 ans. Au cours des huit prochaines années, le métier
perdra au moins 10 % de ses effectifs en raison des retraites et
d'autres départs. Il y a de 100 à 200 nouveaux apprentis
chaque année. Si nous combinons cela avec les scénarios
de prévision établis à l'aide du modèle
de la construction, nous estimons qu'il y aura une pénurie
possible de 700 calorifugeurs d'ici 2008. Si le prix de l'énergie
augmente beaucoup, il est probable que les stratégies d'économie
enénergie deviendront plus importantes pour les propriétaires/clients;
la pénurie prévue devrait alors être encore
plus importante.
Selon le modèle, la croissance de la demande
de calorifugeurs ne sera pas également distribuée à travers
le Canada. Terre-Neuve et le Labrador, le Québec, l'Ontario
et l'Alberta seront témoins d'une croissance plus forte.
Dans le passé, les calorifugeurs ont travaillé assez
régulièrement tout au long de l'année avec
quelques petites pointes en mars, juin, août et décembre.
Il en est de même dans tout le pays. Par conséquent,
toute l'industrie a besoin de main-d'oeuvre au même moment
de l'année. Si cette tendance se poursuit, elle limitera
la capacité de l'industrie à utiliser la mobilité comme
moyen de gérer les pénuries de maind'oeuvre régionale à court
terme.
2. Récupération de la part
du marché qui a été perdue
Les calorifugeurs sont préoccupés
de la perte d'une part du marché et de la possibilité que
cette tendance se poursuive. La concurrence avec les autres métiers
constitue un problème. En outre, le travail d'isolation
est parfois sous-estimé et, dans certains projets, peut être
envisagé comme un moyen de rattraper les retards et de réduire
les dépassements de coût.
L'industrie n'a pas pleinement tiré parti
des opportunités en matière d'économie d'énergie,
car l'isolation peut permettre de réaliser des économies
importantes d'énergie et est un facteur important sur le
plan environnemental. Faire prendre conscience de ce lien aux clients
aiderait l'industrie du calorifugeage à récupérer
une partie du marché et à maintenir sa position.
3. Amélioration de l'apprentissage
Durant l'étude, nous avons identifié plusieurs
questions concernant l'apprentissage. Premièrement et avant
tout, une approche uniforme et canadienne à la formation
en apprentissage du métier suscite de l'intérêt
de toute part au Canada. Les provinces et les territoires n'ont
pas tous un programme d'apprentissage reconnu à l'intention
des calorifugeurs. Il en a résulté des conséquences
négatives sur l'uniformité des niveaux de compétence à travers
le pays. Une partie de l'industrie éprouve de la méfiance à l'égard
de la capacité des programmes d'apprentissage actuels à répondre
pleinement aux besoins. Étant donné la nature volontaire
des programmes d'apprentissage, il n'est pas toujours facile d'encourager
les travailleurs à suivre une formation en apprentissage.
L'industrie semble souhaiter un remaniement du système d'apprentissage à l'intention
des calorifugeurs, afin qu'une approche commune soit adoptée à travers
le pays, que le programme d'études soit mis à jour
et que le Sceau rouge soit plus largement utilisé.
4. Accessibilité du perfectionnement
et du recyclage
Presque la moitié des répondants
ont déclaré avoir obtenu leur certificat de qualification
autrement que par le biais d'un programme d'apprentissage. Bien
que la majorité des répondants aient indiqué ne
pas avoir été formés dans certaines disciplines
du métier, un pourcentage important n'en a pas moins mentionné avoir
besoin d'un complément de formation. Il y a une corrélation
directe entre le pourcentage de calorifugeurs qui ont suivi une
formation théorique et les cotes de satisfaction des entrepreneurs
au sujet des compétences techniques des calorifugeurs. Il
y a aussi une forte corrélation entre ceux qui ont suivi
une formation théorique dans des disciplines sélectionnées
du métier et ceux qui travaillent fréquemment dans
ces disciplines. Les avantages du perfectionnement des compétences
sont par conséquent très clairs. Le défi est
de mettre en évidence le lien entre les avantages et la
formation, afin d'encourager les calorifugeurs à se perfectionner.
É tant donné qu'il y a peu de calorifugeurs,
il est difficile d'offrir localement des programmes de formation.
Le volume n'est pas suffisant dans certaines régions pour
justifier de tels programmes. La formation en apprentissage fait
face à une situation semblable. Si l'industrie réussit à créer
un accroissement de la demande de programmes d'apprentissage, elle
doit aussi être capable d'accroître l'accessibilité à la
formation.
5. Amélioration de l'image du métier
Tout comme d'autres métiers du secteur
de la construction, le métier de calorifugeur doit améliorer
son image à l'intérieur et à l'extérieur.
À l'intérieur, le métier
a le sentiment de ne pas être compris, de ne pas avoir assez
d'influence sur les chantiers et de ne pas être apprécié par
d'autres métiers et clients pour sa contribution aux produits
finis. Un grand nombre de calorifugeurs se préoccupent de
la perte de fierté et de la diminution de la qualité d'exécution à l'intérieur
du métier. Cela est principalement dû aux pressions
exercées sur les calorifugeurs lorsqu'ils sont supposés
compenser les dépassements de délai et de coût.
La médiocre image qu'ils ont d'eux-mêmes contribue à l'image
du métier qu'ils projettent.
À l'extérieur, le métier
n'est pas bien connu. En particulier, les jeunes ne le connaissent
pas, pas plus d'ailleurs que la nature du travail effectué et
les possibilités de carrière. À une époque
où toutes les industries sont en concurrence pour attirer
des jeunes dont le nombre diminue sans cesse, les calorifugeurs
se doivent de projeter une image positive et de promouvoir le marché en
tant que carrière viable auprès des jeunes, des femmes,
des Autochtones, des minorités raciales et autres, afin
d'être en nombre suffisant pour répondre à la
demande future.
6. Mobilité
D’après l'étude, ou a constaté que
les répondants changeaient rarement de province ou de territoire, à l'exception
cependant de certains déplacements de la Colombie- Britannique,
l'Ontario et les provinces de l'Atlantique vers les Prairies.
Des inquiétudes ont été exprimées à propos
des coûts encourus et du stress auxquels s'exposent les travailleurs
employés loin de chez eux. L'assurance-emploi est perçue
comme limitant la mobilité des travailleurs qui abandonnent
un emploi dans une autre province ou territoire et retournent chez
eux à cause du stress ou encore qui choisissent de retourner
chez eux si du travail devient disponible dans leur propre province,
car elle les pénalise.
La mobilité est encouragée dans
le métier, et les syndicats de calorifugeurs à travers
le Canada ont mis en place de bons mécanismes pour la faciliter
(systèmes de carte de déplacement). L'industrie offre
dans certains cas un remboursement d'une partie des coûts
encourus par les travailleurs qui vivent en dehors de chez eux,
mais, dans le secteur commercial, il est rare qu'un remboursement
des dépenses soit prévu dans les contrats.
La validation de ces conclusions par l'industrie
indique que la mobilité est une question plus importante
que les conclusions de l'étude ne semblent l'indiquer et
qu'on devrait l'envisager en priorité lors de l'examen des
stratégies de ressources humaines à l'intention des
calorifugeurs.
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