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Facteurs/Tendances

L'étude a identifié les tendances et facteurs suivants ayant un effet sur le travail de calorifugeage au Canada :

Fabrication sur place ou en dehors du chantier

Les pièces qui étaient auparavant fabriquées sur place par les calorifugeurs sont maintenant fabriquées en dehors du chantier par d'autres personnes de métier (p. ex. couvercles souples amovibles, coudes préformés, pièces auto-collantes). Ce changement est en partie dû à latechnologie, mais le coût est aussi une motivation majeure car les travailleurs qui fabriquent des pièces en dehors du chantier ont des salaires inférieurs à ceux des calorifugeurs. Il en résulte une réduction des heures de travail des calorifugeurs et une érosion possible de leurs domaines de compétences.

Pénuries de compétences

Les calorifugeurs vieillissent, leur moyenne d'âge étant actuellement comprise entre 40 et 45 ans. La situation diffère d'une province à une autre; dans certaines régions, la moyenne d'âge a légèrement diminué car des efforts ont été entrepris pour que des jeunes entrent dans le métier. Néanmoins, un pourcentage relativement important de l'ensemble des calorifugeurs prendront leur retraite au cours de la prochaine décennie.

Parallèlement, de nombreuses régions du pays ont été le témoin d'un boom dans la construction et, par conséquent, les calorifugeurs y ont été pleinement employés. La Colombie-Britannique constitue une exception notable. Ce boom dans la construction combiné aux périodes de pointe associées aux calendriers habituels des arrêts d'exploitation crée des pénuries à court terme. Les préoccupations varient au sujet de ces pénuries dans l'industrie. Certaines régions ont des difficultés à attirer les jeunes et d'autres n'en ont pas.

Trouver des jeunes intéressés à une carrière dans la construction est généralement en train de devenir de plus en plus difficile car le pool de jeunes diminue, et l'image que l'on se fait traditionnellement des métiers reste la même. L'industrie du calorifugeage a dépendu, dans une grande proportion, de méthodes de recrutement non systématiques. Cette approche représente un gros défi, car le métier de calorifugeur n'est pas bien connu. Certains entrepreneurs et calorifugeurs estiment que l’industrie ne fait pas convenablement sa propre promotion et qu'il faudrait peut-être envisager des incitatifs pour que de nouvelles personnes y entrent.

Conditions d'admission

Il peut exister des problèmes concernant les conditions minimales d'admission dans certaines provinces faisant que des candidats sont recrutés sans posséder les compétences de base nécessaires. Il est de plus en plus important d'avoir un niveau d'alphabétisationélémentaire pour être capable de passer l'examen du Sceau rouge, produire les rapports nécessaires et se tenir au courant des progrès réalisés dans le métier. Tous n'estiment pas que les conditions minimales d'admission sont trop basses. Certains pensent qu'exiger une 12e année est trop demander et n'est pas nécessaire pour le métier.

Travail cyclique

Certaines des personnes que nous avons consultées durant le déroulement du projet ont déclaré que la nature cyclique du travail de calorifugeur constituait un problème. Toutefois, les résultats de l'enquête indiquent que beaucoup de calorifugeurs ont travaillé récemment de façon régulière plutôt que cyclique, et les données du régime d'assurance-maladie et d'assurance-salaire montrent que les heures de travail ont été distribuées de façon relativement égale au cours des dernières années. L'incongruité entre les donnés quantitatives et les données qualitatives a peut-être pour cause les différences d'une province à une autre et le fait que ceux qui ont répondu à l'enquête ont plus tendance à être pleinement employés.

L'irrégularité du travail est peut-être une des causes expliquant pourquoi il est difficile d'attirer des jeunes dans le métier et elle risque de provoquer des pénuries à court terme de maind'oeuvre qualifiée. Une meilleure coordination des projets et des arrêts d'exploitation à travers le pays contribuerait à régulariser la charge de travail des calorifugeurs. Certains répondants estiment que les clients ne peuvent pas mieux répartir les arrêts tout au long de l'année, car ceux-ci dépendent d'exigences propres à l'entretien ou aux réparations. Comme il n'est plus possible de compter sur des mesures correctrices telles que l'assurance-emploi durant les périodes de chômage, la situation n'en est que plus difficile et il est important de trouver des moyens d'accroître le taux d'utilisation des calorifugeurs.

Mobilité

La mobilité est encouragée dans le métier. Les syndicats de calorifugeurs du Canada ont mis en place des bons mécanismes de mobilité (systèmes de carte de déplacement). Toutefois, certains calorifugeurs éprouvent des réticences à travailler à l'extérieur de leur propre province à cause des coûts et du stress imposé à leur famille. L'assurance-emploi pénalise les travailleurs qui démissionnent et retournent chez eux à cause du stress ou parce que du travail devient disponible. L'industrie offre un remboursement dans certains cas pour contribuer aux coûts encourus à l'écart du foyer, mais, dans le secteur commercial, on tient peu compte de telles dépenses dans les contrats.

Apprentissage

Les programmes d'apprentissage diffèrent à travers le Canada, et, comme on pourrait s'y attendre, il en va de même des problèmes concernant l'apprentissage. On constate un manque d'uniformité à travers le Canada, certaines provinces ayant des programmes d'apprentissage tandis que d'autres ont des programmes non reconnus ou pas de programme du tout. Dans certaines provinces, le nombre potentiel de nouveaux apprentis est trop petit pour qu'il soit faisable d'avoir un programme d'apprentissage. Cette incohérence dans la formation en apprentissage contribue sans aucun doute au manque d'uniformité des compétences disponibles à travers le pays.
Dans certaines provinces, les apprentis doivent payer des frais de scolarité (p. ex. 400 $ en Alberta, 200 $ au Nouveau-Brunswick, 100 $ au Québec). Certains ont des réticences à le faire. Comme les calorifugeurs peuvent exercer leur métier sans certificat de qualification, certains jeunes ne choisissent pas la formation en apprentissage à cause du coût ou d'autres raisons. Des stimulants peuvent être nécessaires pour encourager les gens à suivre une formation en apprentissage.

Certains entrepreneurs ont remarqué que les apprentis calorifugeurs apprennent le métier sur le tas et améliorent leurs compétences à l'école. Ils estiment que cette tendance devraitêtre inversée. La formation en apprentissage doit se concentrer sur les compétences et les connaissances qui sont pertinentes sur les lieux de travail, autrement dit sur les fondements du métier. Un grand nombre d'entrepreneurs estiment que le calorifugeage devrait être un métier dans lequel un certificat de qualification est exigé.

Perfectionnement

Le perfectionnement des calorifugeurs est difficile car il y a peu de candidats possibles dans certaines régions. La formation ne peut pas être offerte partout, et les travailleurs doivent donc se déplacer pour en bénéficier. Certaines régions telles que l'Ontario ont un fonds pour le logement et les repas afin d'aider les travailleurs qui viennent à Toronto pour être formés.

Un grand nombre de représentants de l'industrie estiment qu'il est nécessaire d'accroître la disponibilité des programmes de formation à l'intention des personnes de métier, et tout particulièrement de ceux qui bénéficient de droits d'antériorité. La majorité de la formation est actuellement offerte sur les lieux de travail.

Toutefois, il semble que certains travailleurs résistent à l'idée d'un perfectionnement des compétences. En effet, certains d'entre eux ne voient pas l'importance de se perfectionner, car ils sont actuellement capables de trouver du travail. D'autre part, lorsqu'il n'y a pas de travail, les ressources personnelles pouvant être consacrées à la formation sont limitées.

Santé et sécurité

Le métier de calorifugeur attache une grande importance à la santé et à la sécurité. Parallèlement, on constate des discordances entre les initiatives de contrôle de la qualité et leur effet potentiel sur le coût des projets et les possibilités de travail. Dans les provinces atlantiques, il y a encore des préoccupations au sujet de la sécurité dans le désamiantage, et cela tout particulièrement dans les emplois non syndiqués. L'impression est qu'il y a deux poids, deux mesures en ce qui concerne l'observation des mesures de sécurité suivant que l'emploi est syndiqué ou non. À cela s'ajoute le sentiment que le gouvernement ne contrôle pas suffisamment la situation, tout particulièrement pour l'amiante.

Part du marché

Les calorifugeurs doivent faire face à la concurrence d'autres métiers et de l'économie souterraine. L'économie souterraine continue d'avoir une incidence sur le métier de calorifugeur, bien que les changements apportés à la législation ont commencé à égaliser les règles du jeu en rendant l'économie souterraine moins attrayante.

Au problème de la concurrence s'ajoute le fait que le calorifugeur est fréquemment l'une des dernières personnes de métier sur les grands chantiers et que l'on s'attend souvent à ce qu'il rattrape le temps perdu et atténue les dépassements de coût. Essentiellement, on demande aux calorifugeurs d'attacher plus d'importance à la quantité qu'à la qualité d'exécution et, dans certains cas, à utiliser des matériaux peu coûteux, de moindre qualité. Nouvelles technologies Des nouvelles technologies ont été introduites dans plusieurs secteurs de la construction, et un grand nombre de corps de métier sont conscients de l'importance que revêt la technologie. Toutefois, dans le cas des calorifugeurs, la majorité des changements technologiques ont déjà eu lieu, et la plupart des personnes que nous avons consultées estiment que leurs conséquences se sont déjà fait sentir dans l'industrie. Par exemple, des nouveaux matériaux et des nouvelles techniques plus sécuritaires ont été introduits. Dans certains cas, ces nouveaux matériaux ont entraîné une réduction des exigences concernant le travail du calorifugeur et/ou en ont facilité l'exécution. La préfabrication hors chantier constitue un autre exemple d’un changement technologique ayant eu pour effet de réduire les besoins en main-d'oeuvre sur les chantiers. Les arrêts d'exploitation sont maintenant mieux organisés et durent moins longtemps. La plupart des représentants de l'industrie n'entrevoient aucune nouvelle innovation technologique importante dans le secteur du calorifugeage.



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